(Article 2 de 4) Conciliation travail-famille : être efficace en télé-travail avec nos enfants

Plusieurs parents s’inquiètent de ne pas être en mesure de fournir le travail demandé. Travailler de la maison alors que les enfants y sont n’est pas très efficace, je vous l’accorde.

Néanmoins, quelques stratégies vous aideront à organiser votre travail et rendre vos périodes de travail plus efficace. En voici une liste de 12!

Rappelons-nous toutefois que nul n’est tenu à l’impossible. Faites de votre mieux, tout simplement.

  1. Délimiter un espace de travail. Tout le monde n’a pas le luxe d’avoir un bureau à la maison. Installez-vous un « coin travail » quelque part dans la maison. Seulement, assurez-vous que cet espace de travail n’interfère pas avec vos activités familiales. Par exemple, évitez d’installer votre poste de travail sur la table. Vous serez tenté de travailler durant les heures de repas; moment familial important. Si vous n’avez pas le choix, soyez rigoureux. Rangez tout votre matériel et libérez l’espace lorsque votre période de travail est terminée.
  2. Faire un plan de match et le partager à l’employeur. Bien que la majorité des employeurs soient sensibles à la réalité familiale et au contexte actuel, cela sera rassurant pour votre employeur de savoir que vous avez à cœur les besoins de votre organisation. Avant même qu’il n’ait à venir vers vous, prenez soin de faire un plan de match et de le lui partager : Comment réorganiserez-vous vos journées? Que ferez-vous pour assurer un maximum d’efficacité dans le contexte actuel? Quels changements ou modifications dans votre organisation vous permettront de mieux exécuter votre travail? De quoi avez-vous besoin pour mener à bien votre travail?
  3. Aviser de la présence de vos enfants. Plusieurs parents craignent d’être dérangés durant une rencontre Zoom ou téléphonique. Évitez-vous ce stress! En début de rencontre, informez votre interlocuteur de la présence de vos enfants à la maison et remerciez-les d’avance pour leur indulgence.
  4. Dresser une liste de tâches. Le cerveau adore réaliser des tâches et mettre un crochet à la liste de « to do ». Il se sent alors efficace, compétent, bon. La liste de tâches doit être la plus précise et concrète que possible (ex. répondre aux courriels avec un drapeau VS prendre mes courriels). Plus nous cochons de cases à la « to do », mieux nous nous portons (effet dopaminergique!). En fin de journées, les tâches qui ne peuvent être réalisées sont reportées à la liste du lendemain.
  5. Prioriser les tâches. Il ne suffit pas de dresser une liste de tâche, encore faut-il compléter les plus importantes de la journée en premier. L’anxiété peut nous amener à procrastiner et repousser à plus tard des tâches anxiogènes. Or, L’anxiété sera encore plus grande si ces tâches ne s’effectuent pas.
  6. Tenez compte des besoins et de l’énergie de vos enfants dans l’organisation de votre journée. Si vous savez que vos enfants s’organisent davantage seuls en début de journée. Profitez-en pour faire les tâches qui vous demandent le plus de concentration et de silence que possible. Par exemple, planifier vos rencontres téléphoniques au retour du dîner, alors qu’ils s’adonnent à un jeu après avoir passé un bon moment en votre compagnie.
  7. Créer un code avec vos enfants. Par exemple, la porte ouverte indique qu’ils peuvent venir vous voir. La porte entre-ouverte indique que vous êtes occupé, mais disponible au besoin. La porte fermée indique que vous êtes en rencontre et que vous ne devez être dérangé seulement en cas de besoins importants. Avec les enfants, il est utile de discuter de ce qu’est un « petit, moyen et gros » problème.
  8. Expliquer son travail à son enfant. Regarder son parent travailler devant l’ordinateur donne souvent l’impression aux enfants qu’il n’y a rien d’important qui se passe. Expliquer la nature et l’importance de son travail, l’impact de son travail aussi, aidera les jeunes à mieux comprendre pourquoi ils doivent fournir des efforts. Ce qui est abstrait est très difficile à comprendre pour les jeunes, principalement pour les enfants de moins de 10 ans. Soyons indulgents!
  9. Prendre des pauses régulièrement. Bien que ce ne soit pas super efficace de prendre plusieurs pauses, cela permet d’aller répondre aux besoins des enfants (et aux besoins d’attention et d’affection). Des petits « spot check » permettront d’être moins sollicité pendant votre période de travail.
  10. Éviter de travailler durant les heures de repas et les temps en famille. Lorsque les tâches s’accumulent, il peut devenir tentant de travailler dès qu’un moment s’y prête. Néanmoins, vos enfants ont besoin de passer du temps avec vous. Votre disponibilité physique ET psychologique doit être au rendez-vous. D’ailleurs, ces moments de répit sont nécessaires pour recharger votre batterie.
  11. S’imposer une limite. Il est important de conserver un équilibre entre la vie personnelle et professionnelle. Les deux sont en interdépendance. Si vous consacrez tout votre temps et votre énergie à votre travail, c’est votre santé mentale, votre famille et votre couple qui en payera le prix.
  12. Renforcez les bons coups de vos enfants. Pour augmenter les chances d’apparition d’un comportement (exemple : respecter un appel téléphonique), il est de loin préférable de marteler les bons coups que de réprimander pour les mauvaises conduites. Le premier augmente le sentiment de compétence alors que le deuxième influence la qualité du lien et le niveau d’anxiété. Pour renforcer un comportement, prenez soin de le nommer, de le décrire, de mettre en lumière l’impact positif de ce bon coup, etc. Soyez descriptif!

Le contexte actuel est bien particulier, et pas évident. Rappelez-vous que nul n’est tenu à l’impossible. N’oubliez surtout pas de prendre soin de vous. Mieux vous vous portez, mieux votre famille se porte et plus vous êtes efficace au travail.

La responsabilisation : une clé au bien-être

Dans le contexte actuel, il peut être tentant de « chercher le coupable », de mettre de l’avant tout ce qui (et ceux qui) nuit à notre bien-être. Il peut être tentant d’accuser le Réseau de l’Éducation, le Réseau de la santé, le gouvernement, notre employeur, etc. pour tout ce qui ne fonctionne pas en ce moment. Or, la victimisation n’aidera personne à aller mieux, au contraire. Cette posture nous plonge dans l’impuissance, l’anxiété. La responsabilisation, en contrepartie, permettra de rediriger notre énergie pour créer du beau et du bon.

La responsabilisation ne veut pas dire de se rendre responsable de ce qui arrive. Cela veut dire d’être responsable dans la façon dont nous gérons cette situation. Prendre action sur des choses sur lesquelles nous avons du contrôle (notre attitude, nos choix, notre discours, nos actions, nos choix …). Cela aura pour effet de favoriser notre bien-être, notre efficacité, notre sentiment de compétences … et diminuera notre sentiment d’impuissance et d’anxiété.

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